La Coupe du Monde féminine vers de nouveaux sommets ?

La « plus grande coupe du monde de l’histoire » c’est avec ces mots que Gianni Infantino, le président de la FIFA, avait présenté la Coupe du Monde féminine qui s’est tenue en France au printemps dernier. Dès 2023, le mondial français pourrait être pourtant largement surpassé.

Un nombre de candidatures record

En 2011, il n’y avait eu que trois candidats pour accueillir le mondial; en 2015 et 2019, les protagonistes s’étaient limités à deux pays. Avant, il n’y avait simplement ni candidatures, ni concurrence. Pour la première fois, elles seront au nombre de quatre. Le Brésil, l’Australie, la Colombie et l’Australie aidée de la Nouvelle-Zélande espèrent tous que le mondial féminin se tiendra sur leurs terres en 2023.

Ces quatre candidatures auraient même pu être au nombre de cinq. Si la Corée du Sud n’avait pas abandonné à la dernière seconde faute de pouvoir se mettre en accord avec les nouvelles règles de la FIFA concernant les comités d’organisation. L’Argentine, la Bolivie et l’Afrique du Sud s’étaient également retirées en cours de route.

Pour la Coupe du Monde 2019, la France avait seulement eu la Corée du Sud comme adversaire, qu’elle avait par ailleurs ailleurs battue à l’unanimité. Ce record est une nouvelle preuve de l’intérêt grandissant  pour la Coupe du Monde féminine qui comptera 32 équipes dès 2023 comme son homologue masculin (dans le monde du sport, seul le mondial masculin de basket aura lui aussi 32 équipes lors de sa prochaine édition).

La Coupe du Monde 2014 V2.0

Parmi les 4 candidats, le Brésil retient particulièrement l’attention. Les Brésiliens offrent ainsi de tenir la compétition dans les mêmes stades que la Coupe du Monde (masculine) de 2014 dans huit villes reparties sur tout le pays: Belo Horizonte, Manaus, Brasilia, Porto Alegre, Recife, Salvador de Bahia, Rio de Janeiro et São Paulo.

Si le Brésil était choisi, la finale se tiendrait au Stade Maracanã qui avait déjà accueilli la finale en 2014 (79 000 places).

Aucun des stades retenus dans la candidature auriverde ne propose une capacité inférieure de 44 000 places, alors que la FIFA demande uniquement des enceintes de cette capacité qu’à partir des demi finales et des stades de 20 000 places pour la phase de poule

Sans doute, le Brésil a été encouragé dans ses ambitions par les audiences incroyables qui ont suivi la sélection féminine brésilienne lors du dernier mondial. Jusqu’à 35 millions de téléspectateurs pour le huitième de finale face à la France (défaite 2-1 a. p.).

La peur du vide

En 2019, certains matchs de la phase de groupe  s’étaient disputés devant 10 000 spectateurs à peine, mais dans des stades de 20 000 places, limitant donc l’impression de vide. Pour justifier l’utilisation de telles enceintes et ne pas laisser une trop mauvaise impression, il faudrait trouver au moins 20 000 ou 30 000 Brésiliens prêts à payer leur billet pour assister à un Corée du Nord – Nigeria ou à un Canada -Taillanderie. Mission impossible ?

En 2016, durant les Jeux Olympiques de Rio, les matchs du tournoi féminin s’étaient déroulés devant des foules très variables. Entre 5 000 et 40 000 supporters pour les matchs ne consonant pas le pays hôte. La demi finale entre le Canada et l’Allemagne n’avaient intéressé que 5 641 spectateurs à Belo Horizonte (de nouveau retenu ici). Il faudra faire beaucoup mieux en 2023, si le pays était retenu pour accueillir la Coupe du monde.

Même des événements – masculins – implantés depuis plus longtemps comme les coupes du monde de rugby ou celle de cricket s’arrangent généralement de stades bien moins grands pour leurs matchs de moindre importance. Si le Brésil réussissait à remplir de tels stades pour le mondial féminin, le pays réussirait à propulser la compétition à la deuxième place des événements mondiaux, juste derrière la Coupe du Monde des hommes.

En comparaison, les autres candidatures en jeu pour 2023 paraissent bien plus modestes, réalistes diront certains, et rappellent assez la selection française (10 stades entre 18 000 et 58 000 places) :

  • 🇨🇴 10 stades entre 20 000 et 47 000 places
  • 🇯🇵 8 stades entre 20 000 et 45 000 places
  • 🇦🇺/🇳🇿 13 stades entre 18 000 et 70 000 places

La qualité des stades jouera pour 35% dans la note que chaque candidature recevra de la part de la FIFA, conférant ainsi un avantage considérable à la candidature brésilienne par rapport à ces adversaires.

La federation internationale décidera début juin quel(s) pays sera(ont) retenu(s). Si elle devait faire le choix du Brésil, ce serait un nouveau pas en avant pour la Coupe du Monde féminine, mais aussi un saut dans l’inconnu.

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