Sedan : D’Emile Albeau à Louis Dugauguez

1919. Le Racing Club Sedanais et le Stade Sedanais fusionnent et donnent naissance à L’Union Athlétique Sedanaise . Le Vert et le Rouge sont déjà les couleurs du club. Le terrain du Bourrelet, celui des futurs Stades Emiles Albeau et Louis Dugauguez également.

Merci les Draperies

Si le club s’est installé au Bourrelet dès son premier match le 14 décembre 1919, le stade n’est inauguré qu’en septembre 1924 et les premières réelles installations apparaissent seulement en 1926. Des douches et une première tribune sont construites. Au début des années 30, un vélodrome se construit en prolongement du stade. Prémisses d’un petit Parc des Sports.

En 1935, le maire de la cité Emile Albeau décède. Le stade sedanais portera désormais son nom.

Anonyme jusqu’à la Seconde Guerre Mondiale. Tout change pour le club à partir des années 40. Les Sedanais reçoivent désormais le support financier des Draperies Sedanaises – la compagnie soutiendra le club près de 30 ans jusqu’au milieu des années 70 –, et un nouvel entraîneur débarque en 1948 dans les Ardennes: Louis Dugauguez. Cette même année, Emile Albeau s’enrichit d’une première tribune en dur.

Sous la direction de Duguguez – qui restera à la tête de l’équipe pendant plus de 25 ans (1948 à 1974) – l’ascension sedanaise est fulgurante. Le club est champion de Division d’Honneur en 1950, puis champion de France amateur la saison suivante, il accède en deuxième division en 1953 et atteint les demi-finales de la Coupe de France 1954. Enfin, en 1955, le club rejoint la première division. Durant cette période, le club se paie même le luxe de rester invaincu durant deux ans et 31 matchs à Emile Albeau (1954-1955).

L’agrandissement d’Emile Albeau devient une nécessité. La municipalité refuse d’avancée le somme nécessaire pour la mise aux normes du stade. Ce sont les frères Laurant des Draperies qui financent l’extension du stade en 1955, puis l’installation de l’éclairage en 1960. L’enceinte sedanaise peut alors accueillir 18 000 spectateurs. Comptant très peu de places assises (environ 3 000), Emile Albeau accueille un des publics les plus populaires et les plus chauds de France. Un public qui se révèle parfois incontrôlable. En janvier 1959, le Marseillais Léonetti doit sortir du terrain après avoir reçu une pierre en pleine figure…

Si pour sa première saison en élite, le classement en championnat est encourageant (9e), le club brille en Coupe de France où les hommes de Dugauguez après avoir notamment éliminés Saint-Etienne et Nancy accèdent en finale. Les « footballeurs-ouvriers », comme la presse parisienne aime à les appeler triomphent en finale 3-1 face à Troyes devant 10 000 Ardennais qui ont spécialement fait le voyage à Colombes, mais sans Dudule, leur sanglier fétiche, mascotte officielle du club, qui s’est vu interdit de stade par quelques bureaucrates tatillons de la Fédération.

Les Sedanais remportent de nouveau le trophée en 1961, cette fois-ci, face à Nîmes (3-1 de nouveau). Cette nouvelle victoire en Coupe, synonyme de qualification pour la Coupe des Vainqueurs de Coupe, signe également pour le club la fin du semi-professionnalisme et de ses footballeurs-ouvriers qui avaient fait la légende du club. En dépit d’une nouvelle finale de Coupe en 1965 (perdue face à Rennes 3-1), le virage du professionnalisme s’avère délicat pour le club ardennais dont les reins financiers ne sont pas assez solides.

La transition du professionnalisme

Les difficultés financières du club poussent les dirigeants ardennais à envisager les solutions les plus folles. Dès 1962, on évoque une fusion avec Lille, idée finalement repoussée avant que l’on ne pense au Racing de Paris, dont l’équipe première se meure en D2. La fusion est entériné en 1966. Ainsi durant trois saison, un très improbable Racing Club de Paris-Sedan foulera la pelouse d’Emile Albeau.

En 1969, le club retrouve son indépendance grâce à des collectes organisées dans tout le département et une première subvention du Conseil Général. le club est rebaptisée Club Sportif Sedan Ardennes. Ce changement de nom coïncide avec la descente aux enfers pour le club qui chute une première en fois en D2 en 1971, avant de connaître la D3 cinq ans plus tard. Jusqu’à la fin des années 90, le club alterne dans un certain anonymat entre D2 et D3.

Encore en National en 1998, l’équipe sedanaise entraînée par Patrick Rémy connait deux saisons exceptionnelles conclues par deux montées. Au terme de la saison 1998-1989, le club retrouve l’élite du football français, 25 ans après l’avoir quitté. Cette saison 1998-1999 est doublement historique puisque les Ardennais accèdent également en finale en Coupe de France face au FC Nantes (défaite 0-1).

Le Stade Louis Dugauguez

Le retour des Ardennais au sein de l’élite signe l’arrêt de mort d’Emile Albeau. Impropre à la Ligue 1, et qualifié de « Stade Zola » par le président même du CSSA Pascal Urano. Quelques aménagements salutaires (notamment l’installation d’une tribune provisoire de 3 500 places portant la capacité du stade à 13 100 places dont seulement 4 000 assises)  permettent cependant au club de disputer les matchs de D1 à Emile Albeau.

Le 21 décembre 1998, le conseil municipal décide la construction d’une nouvelle enceinte en lieu et place du stade vélodrome construit dans les années 30. Les études initiales envisageaient la construction d’une tranche ferme de 12 000 places, d’un coût estimé à 10 millions d’euros environ, et la construction d’une éventuelle seconde tranche de 5 000 places. Finalement, l’accession en D1 des Sangliers en fin de saison impose la réalisation d’un stade en U de 17 000 places.

Les premiers coups de pioches sont donnés en janvier 2000, la première pierre est posée le 4 mars, et le premier match officiel sur la pelouse de Dugauguez se dispute le 10 octobre 2000 (victoire de Sedan sur Rennes par 2 buts à 1). Moins de deux ans auront été nécessaires entre la décision municipale et la livraison du stade. Une efficacité rare dans le petit monde des stades français.

Entre-temps, le 15 mai 2000, le conseil municipal avait pris la décision de réaliser une quatrième tribune qui viendrait porter la capacité du stade à un plus de 23 000 places (soit plus que la population de la ville). Les excellents résultats du CSSA lors de la saison 2000-2001 ne furent pas en rien dans cette décision: le club ardennais, longtemps leader, accrocha une place en Intertoto en fin de saison. Cette dernière tribune permet de fermer le stade.

La construction de cette quatrième tribune débute le 26 avril 2001 et s’achève le 13 septembre 2001. La réception de l’OM, trois jours plus tard, est l’occasion d’une affluence record avec 20 150 personnes présentes au stade (le record est aujourd’hui de 23 120 personnes pour le match de la remontée en 2006 contre Guingamp). L’ensemble des travaux aura coûté 15.8M €.

Bien qu’infiniment plus confortable qu’Emile Albeau, nombreux sont les supporters ardennais qui regretteront longtemps l’ancienne cathédrale du football sedanais et sa mémorable ambiance.

D’Emile Albeaune subsiste aujourd’hui encore les deux colonnes et le portail de l’ancienne entrée que la mairie et le club ont souhaité conserver.
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