Le Stadium Municipal de Toulouse

Le 30 mars 1931; le conseil municipal de Toulouse entérine la décision de construire un « stadium populaire et une piscine d’été et d’hiver » sur l’Ile du Ramier. 

Un projet hygiéniste et municipal

l’Ile du Ramier. Un ancien site industriel composé d’un chapelet d’iles sur la Garonne. Transformé au début du XXe en un ‘Parc Toulousain’ où les habitants de la ville se plaisent à déambuler au milieu des nombreuses installations sportives (fronton de pelote basque, cours de tennis, bases nautiques…).  Sans doute, l’endroit idéal pour y implanter le projet municipal.

Comme on l’a vu ailleurs en France, le maire Etienne Billères affirme avec ce projet sa volonté de faire œuvre de pionnier :

« La ville de Toulouse d’une installation qui sera unique en France, et… même unique en Europe. Il y a des terrains de sport bien aménagés dans d’autres pays; aucun ne se prête, comme le Parc Toulousain à l’édification de l’œuvre que nous avons entreprise; et entre la beauté du site et la conception de ses aménagements, nous pouvons dire que Toulouse sera la ville qui, au point de vue sportif, donnera le ton ».

Un projet également mâtiné des concepts hygiénistes largement partagé par les pouvoirs publics;

« La devise que nous pourrions adopter pour cette œuvre est la suivante: air, eau, lumière, éléments indispensables pour lutter efficacement contre la maladie et donner au corps la robustesse et la grâce ».

Malgré le scepticisme de la presse et de certains groupes de pression qui dénoncent un projet trop coûteux, les travaux de la première phase (la piscine d’été) débutent le 3 avril 1931. Cette première piscine est complétée par une piscine d’hiver l’année suivante. L’ensemble est classé monument historique depuis 1993.

Un Stade Vélodrome

En 1936, l’architecte Jean Montariol présente devant le conseil municipal sa proposition concernant la deuxième tranche des travaux du Parc des Sports. Le projet présenté par l’architecte toulousain comprend un vélodrome de 30 000 places avec tribunes couvertes, une piste d’athlétisme, divers terrains de jeux, quatre terrains de tennis, deux terrains de basket-ball, un fronton de pelote basque et deux boulodromes. Les travaux commencent en janvier 1938. La Société des Grands Travaux du Sud-ouest est chargée de la réalisation.

Comme pour tous les autres grands travaux en cours en France, le financement public du projet est annulé en novembre 1938, les difficultés s’accumulent, mais ne découragent pas les promoteurs du projet d’y organiser l’arrivée de la 9e étape du Tour de France 1939. Ce 9 juillet 1939 peut marquer d’une certaine façon l’inauguration officieuse du Stadium. La Guerre marquera l’arrêt du projet pour les cinq années à venir, d’autant que les troupes allemandes y seront cantonnées à partir de 1942.

Le Stadium – encore loin d’être fini – en 1939

L’année 1945 sonne la reprise du projet. Le 28 juillet, le conseil municipal approuve la poursuite des travaux, et nome de nouveau la Société des Grands Travaux du Sud-ouest pour achever le projet municipal dans le respect du travail de Jean Montariol (seules deux statues manquantes aux portes du stade différent du plan original). Les travaux prennent fin au cours de l’année 1949, sans que le Stade ne soit jamais inauguré de façon officielle… ni baptisé. Pour tous, le site sera connu comme le « Stadium » ou le « Stadium Municipal ».
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Aussi étonnant que cela puisse paraître, un des premiers événements d’envergure à se tenir au Stadium est une… corrida ! Une corrida organisée le 12 juin 1949 qui enflammera les aficionados, mais qui n’aura pas de suite.

En 1949, le Tour revient dans un Stadium, enfin terminé.

Un stade de fotball

Mais bien plus que cette corrida pu le cyclisme, c’est le football qui allait donner ses lettres de noblesse à l’enceinte toulousaine, que les différents journalistes en manque de comparaison facile ne tardent pas à surnommer le « petit Wembley ». En cette fin des années 40, le Toulouse Football Club s’apprête à quitter le Stade Chapou qui l’accueille depuis sa création en 1937 (stade où s’était également disputé deux rencontres de la Coupe du Monde 1938) pour investir le Stadium.

Le TFC allait évoluer durant plus de 20 saisons au Stadium, disputant jusqu’en 1967, date de sa disparition, une vingtaine de saisons en première division et deux en deuxième division. Les Rouge et Blanc attirent en moyenne 10 000 supporters au Stadium à chaque rencontre, avec quelques affluences intéressantes comme lors de la rencontre opposant le TFC à Reims en 1957 (29 847 spectateurs), ou lors d’un TFC-Sète qui aurait (aurait) attiré 40 000 spectateurs en 1951.

L’argent manque pourtant, et après avoir sonné à différentes portes, le président du TFC, Jean-Baptiste Doumeng, se résout à une « fusion » avec le Red Star. En réalité un transfert de l’équipe professionnelle à Saint-Ouen. Toulouse allait rester orpheline de club de haut niveau seulement trois saisons. Sous l’impulsion de Lilian Buzzichelli, président du Buzzichelli-Leva-Sports et avec l’aide de nombreux industriels de la région, l’US Toulouse est fondée en 1970, la mairie mettant le Stadium à la disposition du nouveau club. En 1977, un nouveau président, Daniel Visentin, impose le changement de nom pour reprendre celui de Toulouse FC. Le club accède à la première division en 1982.

De l’Euro à l’Euro

Les Toulousains évoluent alors dans un Stadium, dont le visage n’a guère évolué depuis son inauguration. Il faut attendre l’Euro 84 organisé en France pour que le Stadium connaisse sa première cure de jouvence. La piste cycliste, inutilisée, cède la place à de nouvelles tribunes; les anciennes étant par ailleurs rénovées. Le Stadium pourra dorénavant accueillir jusqu’à 36000 personnes. La barre des 30 000 spectateurs est dès lors régulièrement franchie par le public toulousain de plus en plus avide de football. Les Toulousains y réussissent en 1986 leur plus bel exploit: l’élimination au premier tour de la Coupe UEFA du Naples de Diégo Maradona.

A la fin des années 90, une nouvelle compétition se profile à l’horizon pour la France : la Coupe du Monde de football. Le Stadium Municipal est de nouveau choisi comme stade hôte de la compétition. Cette désignation impose un nouveau lifting au stade de la Ville Rose: la totalité de la toiture est démolie et est remplacée par une nouvelle couverture qui supprime les poteaux qui, certes, gênaient la vision, mais qui avait donné son cachet si spécial au « petit wembley » français; toutes les places en tribunes sont restructurée en places assises; l’ensemble des installations du stade (vestiaires, presse, vidéosurveillance…) est rénové, de nouvelles loges apparaissent, etc.

Ce nouveau Stadium, qui offre un nombre de places sensiblement identique  accueille un total six matchs de cette coupe du monde, notamment un 1/4 de finale opposant la Yougoslavie aux Pays-Bas (victoire des Bataves par 2 buts à 1).

Avec la Coupe du Monde 2007, de nouveaux aménagement apparaissent: installation de nouveaux écrans géants, création d’un club affaire et d’un bodega, mise en place d’un nouveau restaurant, etc. Enfin avec l’Euro 2016, le stade gagne en confort: l’ accueil du public, les sièges sont revues ainsi que l’accès à la pelouse. Le projet initial d’un agrandissement à 40 000 places n’ayant pas été retenu.

Le projet initial du Stadium (40 000 places)

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