Mont-de-Marsan: Histoire des Stades Jean Loustau et Guy Boniface

Le Stade Jean Loustau

Rejeton des « Boutons d’Or » du lycée de la ville qui ont été les premiers à pratiquer le football-rugby au début du XXe siècle, le Stade Montois est officiellement fondé en 1908. Pour sa première sortie à domicile, le Stade Montois se défait des Gersois de Riscle (9-6) devant « un public nombreux et une assemblée aussi brillante que sportive ».

Les Montois consacrent leurs premières années à la recherche d’un terrain pour pratiquer la balle ovale. L’un est impraticable durant la saison des foins, l’autre est traversé par un ruisseau. L’ordinaire s’améliore avec l’installation du club au « Peyrouat », une cabine et un puits font guise de vestiaire et de douche. Finalement, le Stade inaugure le 23 février 1912 un nouveau terrain au « Burgalat » (du nom de ses propriétaires) par une victoire sur Gabarret (35-0).

Enfin, le Stade Montois est chez lui. Les 1 500 francs de l’achat du terrain sont assurés grâce au soutien du Patronage Laïque de la Jeunesse Montoise qui le met à la disposition du club. Après l’Armistice, ce terrain sera honoré du nom de Jean Loustau, premier capitaine du Stade Montois, et mort au Champ d’Honneur dans les premiers jours de la guerre.

Le Stade Jean Loustau reflète parfaitement les aspirations omnisports du Stade Montois, autour de la pelouse des rugbymen, on trouve deux pistes pour permettre la pratique de l’athlétisme et du cyclisme. Ce n’est d’ailleurs sans doute pas le rugby qui fait chavirer les foules montoises, mais bien le football qui a lui seul assure par ses recettes l’équilibre budgétaire du Stade. En 1927, le club accède aux 8eme de Finale de la Coupe de France.

En 1930, les footballeurs Montois prennent leur indépendance, et après une fusion avec l’Etoile Sportive Montoise, tentent l’aventure solitaire sous le nom de Football Club Montois. Les soccers quittent également Jean Lousteau pour le Stade de l’Argenté.

Stade Loustau à Mont-de-Marsan
Jean Lousteau dans les anénes 50 (sudouest.fr)

Henri Lacoste

Désormais consacré au rugby, le Stade Montois connait de premiers timides succès en remportant le Championnat de Côte d’Argent en Promotion en 1937 et 1938. L’éveil du rugby montois vient finalement de l’action d’un certain Henri Lacoste qui convainc la fédération en 1941 de promouvoir directement en Excellence ce club qui n’avait pourtant jamais dépassé les rangs régionaux ! En parallèle à ces tractations l’ensemble des associations de la ville se regroupe pour reformer le Stade Montois Omnisports.

Les Montois font leurs grands débuts en Première Division à l’entame de la saison 1942-1943. Au terme de cette saison inaugurale, de nouvelles tribunes sont ouvertes. Elles resteront debout jusqu’en 2017 (1). En 2 ans, le club sera passé d’une petite équipe départementale à un grand club omnisports dont l’équipe de rugby évolue au plus haut niveau dans des installations neuves. Un sacré changement.

Rapidement, le Stade Montois prouve du bien fondé de son intégration dans le Championnat de France. Dès 1949, le club accède à une première finale, puis à une seconde en 1953, et encore à une troisième en 1959. Triple vainqueur du Yves-du-Manoir en 1960, 1961, 1962. C’est désormais en favori que les Jaunes et Noirs emmenés par les deux frères internationaux Bonniface entament leur saison. Ce statut se vérifie aussitôt avec une victoire en finale de l’édition 1963 du Championnat de France face au rival dacquois.

Barbe d’Or

Cette équipe mérite un crin à la hauteur de ces succès. Le chantier du Stade Municpal de Barbe d’Or est ainsi lancé en juillet 1963. Les Montois y font leur premier pas le 12 septembre 1965 à l’occasion de la réception du Paris Université Club. Réalisé selon les plans de l’architecte Michel Depruneaux, ce nouveau stade, s’il ne compte qu’une seule tribune, peut accueillir plus de 20 000 spectateurs grâce aux gradins debout qui dont tout le tour du terrain.

Malheureusement, Barbe d’Or ne connaîtra jamais les mêmes fastes que Jean Lousteau. Guy Boniface décède le 1er janvier 1968 dans un accident de la route. André se retire à son tour de l’équipe après la mort de son frère. C’est la fin d’une équipe. Plus jamais, le Stade Montois ne sera en mesure de remporter un nouveau Brennus. Seul un quart de finale en 1971 pourra faire espérer aux supporters montois le retour du club au premier plan.

L’avènement du rugby professionnel allait s’avérer fatidique et enterrer les derniers espoirs landais qui ne peuvent plus guère aujourd’hui espérer se maintenir durablement au sein de l’élite, et encore moins repartir à l’abordage de nouveaux titres.

Le Stade Guy Boniface

Jamais baptisé auparavant – Barbe d’Or est un quartier de Mont-de-Marsan —, le stade des rugbymen montois porte depuis le mois de juin 2000 le nom de Guy Boniface. A l’occasion de ce baptême, une statue en son honneur est érigée à l’entrée du stade. Son frère André, déclarera visiblement ému:

« Cette inauguration fut pour moi un bonheur formidable. Pour la vie, tous les enfants qui viendront au stade passeront devant la statue de mon frère. » André Boniface, 2000

Une célébration durant laquelle la nouvelle piste d’athlétisme montoise était inaugurée. Une piste huit couloirs homologués pour des compétitions internationales et qui cintre à présent l’enceinte montoise.

Au printemps 2008, le retour du club en Top 14 convainc la municipalité montoise de la nécessité de moderniser l » enceinte des Jaune et Noir. Un peu plus d’un million d’euros sont ainsi débloqués afin de garnir la tribune de sièges aux couleurs du club, de construire des loges, et d’assurer l’accessibilité des personnes handicapées. En face de la tribune d’honneur des gradins assis apparaissent également la saison suivante.

Enfin en 2017, une nouvelle tribune couverte de 3 100 places est construite à la place des anciens gradins assis. Elle permet de porter la capacité de Guy Boniface à environ 16 000 places, dont la moitié assises.


Note (1): Le Stade Lousteau a été transformé en 1971 tout en conservant les ancienes tribunes. L’ensemble a été rasé en 2017 pour permettre l’extension de l’hôpital de la ville.

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