Deux millions de télespectateurs pour la Coupe de la Ligue

Ce week-end, la Ligue 1 faisait relâche. Tous les regards auraient dû être braqués sur la finale inédite de la Coupe de la Ligue entre le RC Strasbourg et l’En Avant de Guingamp. Résultat: une audience historiquement faible.

En six ans, la finale de la Coupe de la Ligue a perdu la moitié de ses téléspectateurs. La part d’audience de la finale a suivi la même courbe chutant de 21.5% en 2014 à 13% en 2019. On aurait pu croire que la nouveauté de l’affiche cette saison entre deux clubs qui avaient chacun une histoire à raconter puisse attirer un nouveau public. Il n’en a rien été.

Certes, depuis 2016, Canal+ est également co-diffuseur de la compétition, et les quelques centaines de milliers de téléspectateurs de la chaîne cryptée adoucissent sans doute la chute, mais pas suffisamment pour l’enrayer.

Une audience en baisse qui ne va pas aider la Ligue dans sa quête d’un diffuseur pour les prochaines années. Le dernier appel d’offre concernant la compétition n’a en effet pas trouvé preneur, les deux chaines actuellement détentrices des droits (France TV et Canal+) n’ayant pas souhaité renouvelé leur acquisition et Mediapro qui a pourtant investit plus de 1.2 millard d’euros dans le foot français ne s’est pas (encore ?) montré intéressé.

Même si la Coupe de la Ligue devait trouver preneur dans les semaines ou mois qui viennent, il semble improbable que les 24M€ du dernier contrat puisse être atteint. Et ce ne sont pas les 3 millions apportés par le sponsor indien BKT qui combleront le manque à gagner.

Et maintenant ?

La « Coupe Moustache » ou « Coupe Machin » (selon le bon mot pour une fois de Raymond Domenech) n’a jamais réellement compté dans l’économie du football professionnel français. La trentaine de millions que génère cette compétition représente aujourd’hui moins de 2% des recettes des clubs de Ligue 1 et Ligue 2 (1.7 milliard en 2018).

Alors pourquoi conserver une telle compétition moquée par la plupart et dont les médias demandent la suppression à intervalle régulière ? Peut-être pour la pire des raisons possibles : conserver une fenêtre en clair pour le football professionnel français.

En soit, ce n’est pas idiot. Mais pas la Coupe de la Ligue. Surtout pas la Coupe de la Ligue.

Les maillots défigurés par des sponsors hideux (bonjour, Lion), les stades vides, les équipes B ou C, le trophée ridicule de prétention… tout cela existe. Mais ce n’est pas ça le pire. Non, le pire, c’est d’avoir offert toute cela à une chaîne en clair, visible par tous, et de n’avoir que ce seul produit à présenter. Cette compétition est ce que le football professionnel français à de pire à offrir, et c’est elle qu’on choisit de diffuser au plus grand nombre.

Lorsqu’une entreprise quelconque offre un échantillon, elle sélectionne une petite quantité de ce qu’elle a de meilleur à proposer afin d’inciter de nouveaux consommateurs à la rejoindre, pas le produit d’arrière boutique dont plus personne ne veut.

Un triste match entre Marseille et Strasbourg en plein mois de décembre dans un vélodrome désespérément vide ne donnera jamais l’envie à personne de suivre le club de LFP le plus proche de chez lui. Ce serait plutôt l’inverse en réalité. C’est bien ça le plus grand crime de la Coupe de la Ligue: seule compétition en clair de la Ligue Professionnelle, elle renvoie au grand public et depuis 25 ans une image désastreuses du football français professionnel.

Qu’il y ait une place pour une Coupe de la Ligue « nouvelle formule » selon les souhaits du Directeur Général Didier Quillot, peut-être. Mais par pitié, cachez-là.

Le rêve à portée de télécommande

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