Paris 2024 : Quels sports additionnels ? (2/2)

Suite à l’Agenda 2020 voté en 2014, les villes hôtes sont désormais libres de rajouter plusieurs nouveaux sports au programme olympique. Tokyo a étrenné  cette nouvelle donne en retenant le baseball, le karaté, le skateboard, l’escalade et le surf. Si les membres de Paris 2024 se sont efforcés jusque-là de ne fermer la porte à aucun sport, on peut déjà jugé des chances de quelques unes de ces disciplines.

Suite de la première partie qui évoquait les sports favoris à l’intégration olympique (escalade, karaté, squash, surf et pétanque), nous traitons ici des outsiders.

Skateboard (2 447 licenciés)
Avant d’être un jeu vidéo, Tony Hawk était un athlète olympique. Ou pas.

  • +/ Image jeune et dynamique, important soutient du secteur économique lié au skate; importance du marché américain: mise en scène possible du patrimoine parisien; peu onéreux;
  • -/ Structuration encore inachevée; très faible nombre de licenciés;
    impact médiatique national relativement faible; très faible influence au plan national; chances de médailles française quasiment nulles

Commentaire: Autre invité surprise de Tokyo 2020, le skate a été choisi essentiellement pour les mêmes raisons que le surf : attirer un nouveau public. Pour autant, ses efforts de structuration sont bien plus récents et encore assez superficiels, du moins en France. Les amateurs de skate ont également encore à démontrer qu’ils s’intéressent au sport de compétition.

Probabilité d’être retenu : 20%

Esport (xx licenciés)
Ne montrez pas ça à votre grand-père, il risquerait de ne pas comprendre.
  • +/ Très important secteur économique; intérêt d’un public nouveau jusque là fermé aux jeux Olympiques; participation aux Jeux Asiatiques; ne nécessite pas d’installation spécifique.
  • -/ Structuration récente et encore inachevée; fédération française crée seulement en 2016 et non encore reconnue comme délégataire; interrogation sur la question de ce que constitue un « sport »; universalisme limité; question des supports commerciaux nécessaires à la tenue de l’Esport

Commentaire: Le candidat surprise de ces dernières semaines après que Tony Estanguet ait entrouvert la porte à la discipline. Si les arguments économiques à l’entrée de l’Esport semblent assez évidents, la question de savoir ce que constitue un sport ou non reste épineuse, et je ne pense pas que le Comité parisien soit à même de trancher une telle question. D’ailleurs, le président du CIO, Thomas Bach, lui-même semble incapable d’y répondre. Un jour, peut-être, mais en tout état de cause cela semble précipité.

Probabilité d’être retenu : 20%

Baseball/Softball (14 059 licenciés)
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Parce que le logo de la FFBS pue la classe ?
  • +/ L’importance des marchés américains et est-asiatiques; sans doute le plus grand sport collectif non inscrit au programme; continuité possible du sport sur trois olympiades; discipline en (légère) croissance en France
  • -/ Nécessité d’infrastructures dédiées; absence des meilleurs joueurs ; faible intérêt médiatique national; perspective de médaille nulle; quotas important d’athlètes

Commentaire: ‘The Next Baseball Countryn’aura malheureusement pas été la France et il faudra toute son énergie au président de la FFBS et nouveau président de la CEB, Didier Seminet pour convaincre le comité d’organisation d’intégrer le baseball ainsi que le softball au programme. Le projet d’un centre national de la FFBS au Val d’Europe ne peut qu’aider et crédibiliser la candidature de ces deux disciplines.

Probabilité d’être retenu : 15%

Roller course (13 673 licenciés)
C’eût été parfait pour Barcelone 1992
  • +/ Discipline importante en Amérique du Sud; intégration aux JOJ 2018 de Buenos Aires; très fortes chances de médailles françaises; sport en croissance (les effectifs ont doublé en 10 ans en france); fort ethos olympique
  • -/ Nécessité d’infrastructure dédiée; faible nombre de licenciés; très faible intérêt médiatique; influence nationale nulle

Commentaire: Présenté, au même titre que le skateboard, pour intégrer les jeux de 2020 par la FIRS (désormais World Skate), le roller de vitesse a subit un nouveau échec  après un premier en 2013. La discipline reste marginale à l’échelle du globe, mais son arrivée aux jeux de la jeunesse peut laisser de l’espoir. La construction d’une piste dédiée ne devrait pas être un frein trop important.

Probabilité d’être retenu : 10%

Ski nautique & Wakeboard (16 828 licenciés)
Ca, par contre, votre grand-père pourrait comprendre.
  • +/ Un certain renouveau grâce à l’arrivée du wakeboard puis des Wakeparks (câble); Très fortes chances de médailles française; Patrice Martin (oui)
  • -/ Faible nombre de licenciés; très faible intérêt médiatique; universalisme fortement manquant; faible influence internationale

Commentaire: Éternel recalé des Jeux durant les années 70 et 80, le sport extrême des années sépias retente sa chance aujourd’hui. Short listé par le CIO en 2011 pour intégrer Tokyo 2020 , le wakeboard câble est sans doute la meilleure carte que le Petit Prince puisse jouer pour enfin voir son sport intégrer la famille olympique.

Probabilité d’être retenu : 10%

Pelote Basque (16 725 licenciés)
Pelote paris 1924
Party like it’s 1899 ?
  • +/ Discipline relativement importante en Amérique du Sud; très fortes chances de médailles françaises; sport traditionnel; clin d’oeil à Paris 1924; forte popularité régionale
  • -/ Nécessité d’infrastructure dédiée; faible nombre de licenciés; manque d’universalisme, empreinte nationale très faible; manque de volonté des instances

Commentaire: Sport d’exhibition en 1924, la pelote basque ne semble pas vouloir jouer la carte 2024. Contrairement à la candidature de Madrid en 2020 qui avait été accompagnée d’un nouveau concept pour gagner sa place aux Jeux (Fronton 2020), les organisations nationales et internationales ont gardé le silence sur le projet parisien. Dommage, le nouveau-né du Frontball (qui avait pourtant intégré les Jeux Mondiaux en 2013), plus facilement ouvert au monde, aurait pu être proposé.

Probabilité d’être retenu : 5% (par charité)

Conclusion:

On ne pourra pas faire ici le bilan des chances de chacun des 37 sports reconnus par le CIO. Et si l’on ne peut pas exclure une incroyable surprise (le roller deby ? le floorball ? la course d’orientation ? le retour – enfin – du tir à la corde ?), on peut légitiment penser que les sports choisis (et dont on ne connait pas encore le nombre) par Paris 2024 feront partie de ceux listés ici.

Réponse d’ici 2019

2 réponses sur “Paris 2024 : Quels sports additionnels ? (2/2)”

  1. Pour l’eSport, l’intégration au programme olympique pourrait passer avant par un événement multi-sports dédié à l’image de certains que nous connaissons déjà :
    – Jeux Mondiaux de l’Air
    – Jeux Mondiaux de l’Esprit (compétition en voie de disparition)
    – Championnats du Monde de natation (qui sont des Jeux Mondiaux Aquatique puisque toutes les disciplines gérées par la FINA sont présentes)
    – World Roller Games

    1. Oui, c’est très possible.

      À titre personnel, j’y suis franchement opposé et j’ai du mal à y voir autre chose qu’un gigantesque emballement médiatique qui ne durera pas (ou du moins qui n’attendra pas les cimes que ses laudateurs espèrent)

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